FFKM ET PROCESSUS DE SORTIE DE CRISE

 

Contexte général

Situation bloquée : verrouillage de la situation par l’équipe au pouvoir qui veut y rester  à tout prix. Les menaces d’explosion  planent et tous les ingrédients sont là mais il n’y aura pas d’événement majeur allant dans le sens de bouleversement de la situation. L’armée est  en mille morceaux. Les militaires ne peuvent pas s’organiser pour une quelconque prise de pouvoir par l’absence d’une figure emblématique capable de rameuter et l’ensemble  des hommes de troupe et les chaînes de commandement vers une même cause. La classe politique, les syndicats et les sociétés civiles n’ont  aucune capacité pour organiser un mouvement de contestation d’envergure capable de provoquer une onde de choc à l’encontre du pouvoir. Cette situation donne un avantage certain aux tenants du pouvoir qui disposent d’immense moyen financier pour rester au pouvoir.

-Menace de retrait de la communauté internationale : C’est la première chose qu’elle ne doit jamais faire. Ce sera une main libre pour l’équipe au pouvoir et ce sera une erreur colossale de donner un champ libre aux puissance asiatiques.D’ailleurs l’Ambassadeur de Chine a déjà déclaré avant de partir que son pays est contre toutes formes de sanction à l’encontre de Madagascar et de ses acteurs politiques. Le message est clair.

Des actions urgent à entreprendre :

Renforcer les pressions internationales et les rendre effectives après la rencontre du GIC. Les sanctions vont tomber et les régimes d’impunité sur ceux qui sont a l’origine du blocage sont terminés.

-Accepter dans cette situation de blocage que le processus FFKM est la seule solution. C’est le moindre mal et c’est la seule alternative qui peut résoudre cette situation : écarter cette équipe et résoudre la crise par le dialogue.

-Consentir que la situation qui prévaut ne permette pas dans l’immédiat  la tenue d’une quelconque élection.

-En conséquence, la CI doit apporter son soutien à  ce processus FFKM. Elle doit comprendre le lien étroit entre l’Histoire de la Grande Ile, l’Histoire socio-culturelle à Madagascar pour  accepter cette démarche FFKM et sa qualité de véritable autorité morale :

a) Le christianisme fait partie des dimensions culturelles malagasy : la christianisation de la Grande Ile a été facilité par un syncrétisme religieux par un monothéisme JEHOVAH et ZANAHARY  qui sont tous les deux omnipotents et omniprésents.

b) La structure pyramidale du FFKM est parfaitement en parallèle avec celle de l’administration. A la base, dans les brousses reculées, ce sont les hommes d’église qui font les travaux de l’Etat car l’Etat est pratiquement absent : pharmacie villageoise des bonnes sœurs, orphelinat, école, résolution des différends, enseignement agricole ou artisanal etc. Ce sont des Raiamandreny au sens plein du terme. Les rivalités religieuses au 19 ème siècle entre protestants et catholiques ont fait que chaque village dispose actuellement d’au moins deux clochers. C’est le concept bien connu de « un village et deux clochers » qui explique l’enracinement profond de la religion chrétienne dans la société malagasy. A ce niveau, on dépasse l’aspect religieux de l’église pour devenir un symbole d’attachement à la terre. L’église des ancêtres sont de même valeur socio-culturelle que le tombeau des ancêtres et la maison des ancêtres. Un ressortissant du village qui ne se rend à son église au moins une fois par an pour prendre part aux devoirs communautaires est rejeté par la société villageoise.

c) A Madagascar, une ascension sociale ne peut se faire que par le biais de l’église. Toutes ces personnalités malagasy qui émergent et qui détiennent des postes importants dans différents domaines sont passées par l’église soit entant que diacre, responsables de l’administration de l’église ou autre mais il faut qu’elles aient des racines églises. Depuis  l’indépendance et surtout depuis l’avènement de l’œcuménisme la religion musulmane  est aussi parmi ces racines.

d) Les quatre chefs d’église sont des Emissaires pour faire connaître la volonté divine.

ffkm

Surmonter les difficultés

-Existence des deux mondes différents : l’un pour la laïcité de l’Etat avec une ligne de démarcation nette entre les choses de l’Etat, de la politique et celles de l’église. L’autre un mélange  artistique unique en son genre par le poids de l’Histoire.

-Existence de deux cultures et fonctionnements différents   :   Pour l’un la pièce maîtresse de ses fonctionnements est la diplomatie et l’autre  dispose un droit inaliénable de respect et une autorité presque divine.

-A travers l’Histoire de la Grande Ile, l’église est considérée comme l’antre des nationalistes

Comment procéder

-Ramener le FFKM à comprendre qu’en acceptant de mener ce processus, il évolue dans un monde  éminemment politique donc prôner les actions diplomatiques : entre autre accepter que la communauté internationale est incontournable et reste une partie prenante dans ce processus de sortie de crise. Accepter qu’il ne s’agit nullement d’un nouveau processus mais d’une continuité des précédents dialogues  pour mettre en valeur et capitaliser les acquis de ces différentes rencontres et résoudre les points d’achoppement qui restent. Aucune partie prenante ne doit perdre la face. Le FFKM reste dans sa qualité d’autorité morale mais une équipe technique dont les membres seront désignés conjointement par le quatre chefs d’église et la communauté internationale.

-Ramener les membres de la communauté internationale par des travaux de lobbying à accepter que le processus FFKM reste maintenant la seule issue à cette crise ; La ramener aussi à dialoguer avec le FFKM pour qu’elle puisse avancer aussi ses visions de choses et ses propositions.

-Ramener le FFKM à avoir un calendrier précis et une méthodologie précise

-Garder en focus que toutes ces démarches doivent aboutir à l’établissement d’un calendrier d’élection, afin de rétablir un ordre constitutionnel reconnu du monde entier mais surtout des malgaches

En marge de cette vision de sortie de crise, il devrait etre logique de rassembler autours de cette idée les forces bienveillantes pour sortir le pays de cette impasse. Les hommes honnêtes et de bonnes mœurs ne peuvent continuer de cautionner que ces manœuvres qui visent à maintenir au pouvoir contre vents et marrées une petite poignée d’homme sans scrupule, usant et abusant de son prochain. Quand ces hommes comme le Premier Ministre vont-ils enfin lacher et sortir ce train fou qui s’emballe et finira hors des rails. Ces hommes doivent rejoindre un collectif et un processus qui  permettra l’émergence d’un nouvel espoir de retour à une normalité constitutionnelle.

 

Si la CI jette l’éponge, je quitte immédiatement ma fonction !

Nous avons tous lu dans la presse d’aujourd’hui la position de la SADC , qui traduit en lettre le sentiment de lassitude du reste de la Communauté Internationale.
En effet, les aller-retour que l’exécutif  fait depuis 15 jours, ne semble être qu’une espèce de gain de temps pour ne pas aller à ces élections. Chacun se renvoyant la balle en campant sur ses positions. Les uns ne voulant pas quitter leur statuts de candidats, les autres ne voulant pas lâcher le pouvoir, le tout dans l’indifférence relative de l’armée et de la population.JOBBuro
La seule à s’indigner de cette situation est la CI qui voit une date butoir qu’elle a toujours défendu, arriver à grand pas sans aucune avancée dans les conditions de déblocage des fonds pour ces scrutins.
Pour la 1ere fois, les menaces déguisées se sont transformées en véritable coup de semonce d’avertissement. La Communauté va se retirer !

Interrogé sur la question, le 1er Ministre Jean Omer BERIZIKY intervient de manière surprenante : Si La CI jette l’éponge, je quitte immédiatement ma fonction.
Surprenant car sa position dénote diamétralement du reste de la classe politique, qui selon notre compréhension s’accroche, s’acharne à conserver les petits (ou gros ) acquis de  de cette interminable transition.

Il JOBleoy a plusieurs questionnements sur ce choix.
Soit J O Beriziky, las des blocages incessants pour faire appliquer le droit et les résolutions de la FDR, décide lui aussi de baisser les bras…
Soit J O Beriziky, décide de se débarrasser des chaines que cette FDR lui impose. Pour quelles raisons ? Dans quels buts et avec quels moyens ?

Notre sentiment sur ses intentions est plus ou moins dévoilées dans les précédentes réactions de la semaine dernières. Sa volonté à ne plus se laisser faire, nous laisse penser que sa détermination reste entière à vouloir être acteur de cette sortie de crise en gardant la tete haute.

La rédaction

Que la Parole Circule

QUE LA PAROLE CIRCULE

J’ai toujours cru qu’il fallait une qualification académique, aux leurs au moins égale, pour « coordonner » les travaux d’éminents professeurs (ceux qui recourent au « Nous » universitaire), de journalistes prestigieux (ceux qui retrouvent naturellement leur « Je » de leur éditorial) ou de personnalités reconnues (qui ne sauraient tout de même témoigner à la troisième personne). Ma candeur n’avait pas compté sur la confiance que m’accordèrent d’emblée tous ces « sachants » auxquels, malgré tout, en un dernier atavisme de timidité, je ne donnais que de très libérales consignes, prétextant du court délai imparti pour que chacun se sente « confortable » avec le thème imposé. La cohérence en aval est donc laissée à l’indulgence du lecteur.

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Chacun aura « joué le jeu ». Sans hésitation, sans marchandage. Preuve de l’acuité du besoin de s’exprimer. Au moins, « N.B. » (Nota Bene) aura offert cette tribune. Pour une mise en orbite, parce que nous n’avons pas tout à fait abandonné l’idée de pérenniser cette publication en périodique, il nous fallait des « signatures ». Démarche de prestige, à l’adresse de la Banque Mondiale qui finance le premier numéro de cette publication, et dont nous avions scrupule à honorer la confiance. Démarche marketing, à destination de l’audience escomptée, dont nous espérons vaincre la défiance avec l’offre d’in panel, plutôt que inodore et incolore, de toues les gammes de nuances. Démarche parfaitement assumée de privilégier, d’abord des « valeurs  sûres », en espérant que la notoriété viendra à « Nota Bene » pour lui permettre de faire plancher entre colonnes d’illustres anonymes qui n’en pensent pas moins.

« Nota Bene » ne va pas échapper au reproche d’intellectualisme. Mais, dans notre civilisation du verbe, honnêtement, qui écouterait un inconnu sans présomption de savoir ni de sagesse ? Dans un journal quotidien, une « lettre de lecteur » aurait suffit, à l’adresse du plus grand nombre. Dans les colonnes de « Nota Bene », nous voulons, à dessein, nous inscrire dans une forme très académique, universitaire pourquoi pas, scientifique en tout les cas. Avec la conscience que ce genre de publication, où les enseignants, les chercheurs, les curieux, ces « auditeurs libres » de la connaissance, pouvaient autrefois s’exprimer avec l’assurance d’un auditoire au même diapason, ont successivement disparu, emportés par la faillite économique du monde universitaire. Avec le lointain souvenir, pour ne citer que ce pionnier, de La Lettre Mensuelle de Jureco, qui avait porté en dehors des amphis la franchise universitaire qui y caractérise les contributions, les échanges, les contradictions.

L’objectivité entre noir et blanc

Peut-on rester « neutre » en situation pareille crise ? Comment ne pas s’indigner du spectacle du pillage organisé des ressources naturelles du pays ? A quelle philosophie du détachement se convertir pour ne pas s’émouvoir des signes précurseurs d’une faillite étatique et des symptômes déjà avancés d’un effondrement moral ?

Portant, nous faisons le choix d’un effort d’objectivité, moins pour aller dans le sens d’une attitude galvaudée, le consensuel et l’inclusif, que pour ne pas verser dans le fanatisme, d’un côté ou de l’autre, et nous interdire le manichéisme. Nous voudrions faire de ce choix, l’effort d’objectivité, tout le symbole du pavé mosaïque que nous mettons en frontispice de cet ouvrage : noir ET blanc.

 Que faire ?

Cet avant propos, sous le signe de l’humilité, aurait pu être une contribution collective. Nous sommes tout un groupe à avoir la volonté du perfectionnement individuel et de l’amélioration collective. La persistance de cette crise, qui ferait parler muets, comme dirait un proverbe malgache, interpelle tous ceux qui pensent pouvoir apporter quelque chose au service des autres, de la collectivité, de l’Humanité. Que faire, et comment, surtout que la situation du pays est critique ?

Notre problématique est justement le problème : « comment et pourquoi un pays riche peuplé de gens intelligents se trouve aujourd’hui au trente sixième dessous des indicateurs les plus fouillés du développement économique et humain » (Christian Chadefaux). Trente-sixième dessous que confirme le document de la Banque mondiale : « En 2010, le taux de pauvreté de 77 pour cent (ce qui représente 15,6 millions d’individus) a hissé Madagascar a rang de pays ayant le taux de pauvreté le plus élevé au monde avec Haïti, sur la base de seuils de pauvreté nationaux ». La situation des plus vulnérables empire chaque jour, comme s’alarme la Banque mondiale : « Si les dépenses totales en matière de protection sociale ont toujours été faibles à Madagascar, elles ont été dramatiquement  réduites depuis l’émergence de la crise politique actuelle, étant donné que la légère augmentation de l’aide extérieure destinée à la protection sociale a été largement contrebalancée par la réduction drastique des dépenses publiques ».

Agir selon ses moyens, agir à son niveau, agir pour ses idées. C’est ainsi que l’idée de cette publication vint. Pour ouvrir une tribune, adossée en quelque sorte à des « termes de référence » qui sont la proclamation de valeurs humaines pour qui prétend mériter la confiance de ses concitoyens ; l’exigence de principe dans les actes des « princes qui nous gouvernent » ; et le souci du dernier scrupule de l’intérêt général.

Que la parole circule. Parler maintenant ou se taire à jamais. « Comment jugera-t-on demain ce que nous faisons aujourd’hui, ce que nous disons aujourd’hui ? Comment nous jugera-t-on demain à partir de ce que nous faisons aujourd’hui, à partir de ce que nous disons aujourd’hui ? a partir aussi de ce que nous n’avons pas fait, de ce que nous n’avons pas dit, de ce que nous avons méconnu ou n’avons pas compris ? », question existentielle (Jean-Pierre Domenichini). Sortir ceux qui ont accumulé savoir et sagesse du silence du néophyte. Se murer dans un mutisme marmoréen, celui du pouce prenant ses distances avec les quatre autres doigts de la main, serait au mieux mépris, au pire lâcheté.

« Crise, culture, développement » : s ‘entendre sur les définitions

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« Vocation à la crise », écrit Gilbert Ahnee. Parce que la crise ne se limite pas à celle-ci, 2009-2012. La prévalence de symptômes crisogènes dans la société malgache remonte à avant toutes les crises contemporaines.  Que s’est-il passé, entre une monarchie hier encore sacralisée et la population qui a laissé l’envahisseur français débarquer tranquillement, remonter sans opposition le cours du Betsiboka, et finalement s’emparer après un seul coup de semonce du Rova d’Antananarivo, le 30 septembre 1895 ? Porquoi le soulèvement populaire des « Menalamba » ne commença-t-il qu’aussitôt après la capitulation du gouvernement de la Reine Ranavalona III et du Premier Ministre Rainilaiarivony ?

Et si la crise était psychologique ? Que sait-on, finalement, du traumatisme que souffrit la population quand on lui ordonna de brûler purement et simplement les « Sampy » domestiques en qui elle s’étati toujours remise, depuis au moins six décennies (1802-1869), et l’arrivée attestée des conseillers antemoro, originaires du Sud-Est, à la cour du roi Andrianampoinimerina ? Les conversions massives (rebik’ondry) de 1869, quand toute la population s’empressa d’initier le baptême protestant de la Reine et du Premier Ministre, serait le chant du cygne de l’allégeance traditionnelle tout en portant les germes d’une « révolution culturelle » avortée.

Et si la crise plongeait ses racines dans ce référendum qui n’eut jamais lieu : « République OU Royauté ? Etat unitaire OU fédéralisme ? Régime parlementaire OU régime présidentiel ? » Le choix des assemblées provinciales, le 14 octobre 1958, de donner la forme républicaine au  futur Etat malgache, ne balayait-il pas d’un revers trop négligent de la main la nostalgie monarchiste des Menalamba ou de la population tananarivienne accourue accueillir les cendres de la dernière reine Ranavalona III, en gare de Soarano, la 10 octobre 1938 ? Cette présomption républicaine n’était-il pas déjà présomptueuse quand on sait la survivance contemporaine, et bien vivace, de la réalité dynastique, royale, monarchique, dans plusieurs sociétés malgaches ? Il est, par exemple, devenu un rituel républicain d’aller en pays antemoro, sur les bords du fleuve Maritana, demander la bénédiction des rois d’Ivato, pour quiconque ambitionne une destinée nationale.

Et si la crise était du domaine du symbole ? Le 29 mars 1947, ce gros malentendu d’un contrordre, nous dit-on jamais reçu, a néanmoins été érigé en fondement « renanesque » sinon en appel « fichtien », avec la complicité assentie de tout le monde quand l’amnistie collective se duplice en légende fictive mais romanesque (« artistique » dirait Raymond Ranjeva). Porquoi a-t-elle été vouée à la damnation memoraie (Jean-Pierre Dominicheni), cett démarche des parlementaires malgaches, Joseph Raseta et Joseph Ravoahangy-Andrianavalona qui déposèrent, le 21 mars 1946, auprès de l’Assemblée Nationale française, une proposition de loi abrogeant la loi d’annexion du 6 août 1896 ? La ligne de fracture entre le MDRM (considéré comme merina) et le PADESM (qui se réclamait Côtier et Mainty) n’était-elle pas là, fondamentalement, entre les indépendantistes de la « Communauté » ? Ce clivage fera que la souveraineté ne sera officialisée, « plus imposée que négociée et jamais réclamée » (Christian de Chadefaux), qu’à une autre date encore de malentendu, le 26 juin 1960…

C’est encore l’Etranger intime qui nous rappelle à notre devoir de mémoire, sinon de fierté : « Demain, vous serez de nouveau un Etat, comme vous l’étiez, quand ce palais de vos rois, là-haut, était habité par eux » déclama le général de Gaulle, le 22 août 1958, depuis Mahamasina où il s’adressa à Manjakamiadana. Et son futur Premier Ministre, Michel Debré, devant l’assemblée générale du Conseil d’Etat, le 27 août 1958, de distinguer, au sein de l’Union française, « la grande île de Madagascar qui fut un Etat et forme un ensemble où, malgré les différences intérieures, on peut, d’ores et déjà considérer qu’une sorte d’unité es réalisée ».

Gilbert Ahnee nous parle de Mangeclous, « le compliquer procès » ; comment, en effet, se résigner, simplement, à la subversion délibérée qui voudrait faire de la date de l’indépendance octroyée l’an zéro de Madagascar alors qu’au 1çème siècle, le Royaume de Madagascar était reconnu par le Royaume-Uni (23 octobre 1817), et, depuis 1883, par les Etats-Unis, l’Allemagne, l’Italie et la Norvège ? Cette litanie de dates, de mois et d’années, n’est pas fortuite, puisque les symboles modernes se greffent sur les anniversaires et les commémorations : alors, 23 octobre, 29 mars, 14 octobre ou 26 juin ?

L’étranger intime

Le Malgache est un insulaire qui guette son image dans le regard de l’Autre. Mais, cet Autre est « l’Etranger intime » de chez Paul Ottino. Christian de chadefaux, Jean-Pierre Dominicheni, Sylvain Urfer, Gilbert Ahnee, selon l’ordre de leur arrivée à Madagascar, cumulent  150 ans de présence à Madagascar. Il était donc intéressant de nous mirer dans cet œil à la fois neuf et tellement familier, volontairement distant comme volontiers intime, marqué durablement par « l’ombre de Madagascar », ainsi que raconte Jean-Pierre Dominicheni à propos de Jean Paulhan. Le rapport du Malgache à cet « Etranger intime » est proche du syndrome dit de Stockholm, quand les prisonniers sympathisent avec leurs ravisseurs. Seulement, qui a empoisonné qui, et lequel s’est laissé prendre au charme de l’Autre ?

Cette ambiguïté explique la prudence de Gilbert Ahnee (« Intuition d’apprenti-sorciers ») ou l’indignation de Christian Chadefaux (« quelle prétention à vouloir penser pour les autres ») qui n’en écrit pas moins « mon pays », certes entre guillemets, mais toujours sur la monde du « sympathie et remords » qu’aurait également vécu un ancien de Madagascar, Charles Renel, directeur de l’Enseignement pendant dix-neuf ans. En face, j’allais dire vis-à-vis, le Malgache, en insulaire, hésite entre nombrilisme, la sur évaluation de lui même dans ce que Solofo Randrianja qualifie de « utopies mobilisatrices basées sur l’efficacité présumée de l’autochtonie » et déni de soi.

Les « tigres » d’Asie auraient voulu conceptualiser cette hypervalorisation de soi par la glorification des « asian Values » et la proclamation d’une asianité spécifique irréductible, cependant « plus inventée que révélée » reproche Solofo Randrianja.

A Madagascar, on a assisté au processus inverse dont Ranavalona 1ère (1828-1861) est la victime-symbole : cette souveraine, confrontée aux premiers symptômes de l’acculturation par le christianisme de mesures conservatoires. Plutôt que de reconnaître comme la fondatrice du nationalisme malgache face à l’intrus, la littérature populaire s’est complu à la qualifier de reine sanguinaire. Le cas malgache serait proprement pathologique quand on réalise que la toute-première manifestation de rue organisée à Antananarivo, celle du 19 mai 1929, avait été organisée pour revendiquer une accession massive à la nationalité française. Peut-on déduire de ce reniement, de cette sous-estimation de soi-même, de cette péjoration de ses propres réalisations (cf « Vita Gasy »), l’appétence pour l’assistanat envers l’aide au développement ?

Raymond Ranjeva, jugeant la stratégie de l’administration coloniale, parle d’une entreprise de « subversion », « d’intoxication », de « diabolisation » du gouvernement d’Antananarivo aux yeux du reste de Madagascar. Cette « action aliénante » aura donc, réussi, tellement réussi que notre inconscient se l’est approprié. Soupçon réciproque et méfiance mutuelle en vinrent à corrompre les relations entre Malgaches, malgré une unité insulaire, linguistique et culturelle, tandis que les réalisations proprement nationales furent péjorées à nos propres yeux.

Progressivement s’imposa l’idée d’une solution nécessairement d’importation. Quitte à être moqués par les exportateurs de modèle : « L’Etat a bien été exporté en Afrique, mais…il a été patrimonialisé » (J .F. Médard cité par Solofo Randrianja). Pourtant, si la conception qu’a Amartya Sen de la démocratie, « gouvernement par la discussion », qui suppose l’idée de pluralité des formes de la démocratie sans renier le caractère universel de ses valeurs fondamentales, est recevable, la démarche pourrait être étendue à d’autres définitions. Le PCIA (Peace and conflict Impact Assesment) s’interdit, justement, d’imposer l’idée même d’une norme idéale à laquelle il ne resterait plus qu’à adhérer : transposition de gadgets politiques médiatiquement séduisants (Raymond Ranjeva), vision idéaliste de la construction de la nation et de l’Etat européen comme modèle pour Madagascar (PCIA), pourtant si la culture est ce qu’on trouve en naissant : »Les dirigeants devraient renouer avec elle et cesser de renier, c’est-à-dire de renier » (Lolona Razafindralambo).

La modélisation

Le PCIA cherche à canaliser les ressources et optimiser le potentiel en suggérant, dans une démarche participative qui ne se veut ni évaluation, ni bilan, ni audit. Il est des indicateurs qui veulent donner une évaluation scientifique des faits sociaux et politiques. C’est le critère pnudien des six paramètres :

  1. Un système de représentation, avec des partis politiques et des groupes de défense d’intérêts qui soient opérationnels ;
  2. Un système électoral garantissant des élections libres et non entachées d’irrégularités, ainsi que le suffrage universel ;
  3. Un système d’équilibre reposant sur la séparation des pouvoirs, avec une branche judiciaire et une branche législative indépendantes ;
  4. Une société civile active, à même de contrôler les actions du gouvernement et des entreprises privées, et de proposer des modes différents de participation politique ;
  5. Des médias libres et indépendants ;
  6. Un contrôle effectif des civils sur l’armée et les autres forces de sécurité.

Même si les sciences sociales se refusent à avoir une capacité scientifique de prédiction des phénomènes sociaux, le RSTP (radar de suivi de tension politique) que conçut Erick Rabemananoro apporte une aide utile dans l’anticipation d’une crise politique sur la base de certaines symptômes annonciateurs de crise politique : quand le chef de l’Etat domine, monopolise et verrouille outrageusement la scène politique et les mécanismes parlementaires ; quand apparaît un leader qui cristallise le mécontentement et capable de tenir la place du 13 mai ; quand, de surcroît, des lignes de fracture apparaissent au sein des forces armées, que le FFKM (conseil chrétien des églises à Madagascar) perd de sa crédibilité, et que la société civile pointe sévèrement les abus e t dysfonctionnements.

Conclusions provisoires

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« Malgache qui es-tu ? » ne cessa-t-on jamais de s’interroger. Comme les origines de notre peuplement, cette identité serait une autre « plus belle énigme du monde ». Ces Malgaches venus de tous les horizons de l’Océan Indien ont eu plus que le vouloir vivre ensemble. Paul Rabary, à leur propos, parle de « hargne » à vivre ensemble, malgré les différences : communiquer, se comprendre, se respecter. Et découvrir la solidarité : « Des hauteurs de Faravohitra, dispose-t-on du recul pour appréhender, au-delà d’Isoraka, le grouillement d’Isotry ? » (Gilbert Ahnee)

Christian Chadefaux, qui dénonce vigoureusement les « Erreurs  et brutalités coloniales », tempèrera cependant : « La refondation politique, ne doit pas nécessairement remettre en cause les relations économiques et culturelles de Madagascar avec la France, elle doit simplement convaincre les Malgaches et la France – que désormais la souveraineté et l’indépendance du pays sont redevenues ce qu’elles étaient avant la colonisation ». De son côté, dans le dialogue malgacho-malgache, Raymond Ranjeva préconise un « langage de vérité historique ». Mais un dialogue qui se tiendrait entre quels acteurs de bonne foi et de bonne volonté : « en appeler à la conscience historique des anciens chefs d’Etat » (Raymond Ranjeva) ; « Excellence et mérite ne semblent pas caractériser les dirigeants et ceux qui leur sont liés. Ils ont oublié les valeurs universelles de la vertu politique et du travail. Ils ne sont pas en mesure de conduire vers le développement » (Lolona Razafindralambo) ; « Une classe politique dépourvue de projet de société et de notion du bien commun » (Sylvain Urfer) ; « Une société à deux vitesses, l’une ancrée dans la modernité, l’autre engluée dans l’analphabétisme » (Paul Rabary) ; « Leur incapacité à tous faire des concessions (Gilbert Ahnee). Faisant un clin d’œil à l’intuition du Japon du pasteur Ravelojaona, à l’articulation des 19ème et 20ème siècles, Solofo Randrianja nous invite à méditer le cas taïwanais ou le modèle indien. Tout en pointant du doigt la quasi-inexistence de « travaux dédiés à la philosophie politique ou à la production d’une doctrine d’Etat (et non de régime) » menés par les Malgaches sur Madagascar alors que le miracle taïwanais pourrait s’expliquer par les contributions intellectuelles de fils du pays nourris de conficuanisme (cf. la bibliographie de Doh C. Shin, Confucianism and democratization in East Asia, 2011).

Tandis qu’il serait presque « naturel » de brocarder la tradition de « subalternité », Taïwan offre l’exemple de ce qu’on pourrait appeler « cooptation vertueuse », quand le réseau des entreprises familiales, à direction familiale et à transmission dynastique, avec tout de même une stratégie de légitimation, qui passe par le diplôme universitaire et l’apparente humilité d’une promotion par le palier au sein de l’entreprise, a servi de socle au « miracle » économique taïwanais.

En acteur politique, Jean-Théodore Ranjivason propose des mesures « opérationnelles » ; une loi sur le financement des partis politiques et la révision de l’agenda électoral, allant de la proximité vers le national. On frémit rétrospectivement en entendant cet ancien ministre témoigner qu’il n’y eut jamais de cohésion gouvernementale.

« Nous serons Malgaches ou nous ne serons pas », décrète Lolona Razafindralambo. En définitive, qui l’emportera, de la catastrophe dont les symptômes sont annoncés par le PCIA, ou de l’utopie du jésuite Urfer, qui se dédie à « l’option préférentielle pour les pauvres », populations rurales vulnérables, enfants malnutris, mères chefs de famille du lumpen prolétariat urbain (Banque mondiale) ? Et ce, malgré, notre « christianisme sans compassion » (Gilbert Ahnee) ?

C’est encore dans les principes de l’éducation jésuite que l’on retrouve ce credo : « découvrir la joie d’apprendre et le soif d’une connaissance toujours plus grande et profonde ». Et si là, dans l’éducation, était à la fois le problème et déjà la solution ? N’est-ce pas à l’école qu’on gagne la bataille contre l’ignorance, la violence, l’obscurantisme, s’étrangle Gilbert Ahnee devant ce qu’il appelle l’effondrement du système éducatif.

Education à la culture du droit, éducation pour la production d’une philosophie politique et d’une doctrine d’Etat, éducation qui dégage la part d’élite indispensable à toute société. L’éducation change le monde, quelqu’un avait dit.

Tiré de “Nota Bene” de Nasolo-Valiavo Andriamihaja (VANF)

 

Planche à Billets, miroir aux allouettes

LA PLANCHE A BILLETS : MIRROIR AUX ALLOUETTES

Dans un contexte de crise budgétaire, la tentation est toujours grande pour les gouvernements de financer leur déficit par l’émission de nouvelles créances généralement sous forme d’Obligations (bonds). Le Trésor public Malgache ne fait pas exception, les déficits budgétaires des gouvernants successifs ont été financés localement soit par des émissions de Bons de Trésor par Adjudication (BTA), souscrits majoritairement par le secteur bancaire, soit par des avances (de fonds) statutaires de la Banque Centrale, les Obligations n’existant pas encore à Madagascar. Mais, ce mode de financement implique une création monétaire communément appelée « planche à billet » laquelle va engendrer à la fin une inflation. C’est ce processus économique complexe, assez difficile à comprendre qu’on va tenter d’expliquer de la manière la plus simple possible en partant de la définition d’une monnaie, de la détermination de sa valeur, des causes de la création de monnaies et enfin des conséquences d’une création monétaire. Sur le plan juridique, on peut définir la monnaie comme tout moyen de paiement qui permet de régler sans délai et définitivement une dette ou un achat.

La valeur d’une monnaie a fait l’objet de très nombreuses recherches de la part des économistes depuis le XIXe siècle. Le point essentiel à cet égard a été de s’interroger sur ce qui détermine la « valeur » de la monnaie. Ainsi, les pouvoirs publics ont pendant très longtemps essayé de fixer la « valeur » de la monnaie notamment par référence à un poids de métal précieux, par exemple l’or, mais ceci ne constitue pas réellement une définition de la valeur de la monnaie puisque la valeur du métal lui-même peut varier selon la loi de l’offre et de la demande (notamment en raison de la découverte de nouvelles mines ou de procédés d’extraction plus efficaces). En réalité, à l’heure actuelle, quelle que soit sa définition « officielle », une unité monétaire (dollar, euro, yen, ariary,…) n’a pas de «valeur » intrinsèque car la valeur de la monnaie s’exprime par son pouvoir d’achat, c’est-à-dire par la faculté qu’elle offre à ses détenteurs d’acquérir une certaine quantité de marchandises ou de services en échange d’un certain nombre d’unités monétaires. Une première théorie a alors été émise qu’on appelle la théorie quantitative de la monnaie : elle prétend démontrer que la quantité de monnaie en circulation (la masse monétaire) exerce une influence dominante sur le niveau de prix sans influencer le volume de la production ou des transactions. Autrement dit, la variation de la quantité de monnaie en circulation a une plus grande influence sur le prix que sur la quantité (de marchandises) produite.

A signaler toutefois que comme toute théorie, elle est discutable et celle-ci a été remise en cause par les Keynésiens. Ainsi, d’après cette théorie, le volume de la circulation monétaire détermine le niveau général des prix. Si ce volume augmente pour une même quantité de production, les prix s’élèvent, donc le pouvoir d’achat de la monnaie diminue (inflation). Par contre, si ce volume se contracte, les prix baissent donc le pouvoir d’achat de la monnaie se retrouve renforcé (déflation).

Si l’on veut illustrer cette théorie, on peut faire appel à une image. Comparons la monnaie à une sorte de « bon » donnant droit à une part de gâteaux. Si le volume des « bons » augmente, sans que le nombre de part de gâteaux le soit, il s’ensuivra nécessairement, nous dit la théorie quantitative que chaque bon permettra d’acheter une quantité moindre qu’auparavant, ce qui se traduira par une dévalorisation de ces bons. L’augmentation du volume de bons peut ici être assimilée à une création supplémentaire de monnaies. Quelles sont alors les opérations qui, dans la vie économique, occasionnent cette création monétaire.

En terme économique, nous dirons : quelle est la « contrepartie » de cette création de monnaie. En tout état de cause, on distingue trois grandes contreparties de la monnaie en circulation mais celle qui nous intéresse le plus est le cas des crédits consentis au Trésor public puisqu’il y a ici remise pure et simple de pouvoir d’achat nouveau à l’Etat contre créance sur celui-ci (cf. définition de la monnaie supra). Ainsi, Le Trésor Public, pour financer son déficit peut émettre de nouvelles créances, mais tout recours au financement par le secteur bancaire est créateur de monnaie et est inflationniste selon la théorie qui vient d’être démontrée. D’une manière plus directe, toute dépense supplémentaire du Trésor qui augmenterait le déficit public et financé par le secteur bancaire entraîne une création de monnaie qui engendrera à son tour une inflation.

Généralement, les dépenses telles les augmentations de salaires, les indemnités et autres avantages exorbitants exigé par les dignitaires de l’Etat passé, actuels ou futurs entrent dans cette catégorie. Elles ne bénéficient qu’à une infime minorité mais l’inflation qu’elles vont générer impactera sur le pouvoir d’achat de toute la population. A cet effet, une autre théorie économique démontre que l’inflation a un impact plus profond sur les non détenteurs d’actif réels, c’est-à-dire la majorité des malgaches. Finalement, la planche à billets n’est qu’un miroir aux alouettes, les gains immédiats ne sont qu’éphémères et seront rapidement annihilés par l’inflation laquelle sera désastreuse surtout pour les couches les plus défavorisées.

La Rédaction

Discours de non candidature

TRADUCTION DU DISCOURS DE NON CANDIDATURE DE ANDRY RAJOELINA 15/01/2013 Mes Chers Compatriotes, Mesdames et Messieurs, Comme je vous l’avais déjà promis mes Amis Malagasy, c’est à vous seuls que je donnerai la primeur de ma décision. Aussi, c’est avec le cœur empli d’amour que je salue chaque foyer à travers toute la Grande Ile. Vous m’avez fait confiance et avez mis vos espoirs en moi, depuis l’année 2009. Et c’est grâce à cela que j’ai pu diriger la Nation Malagasy, en tant que Président de la Transition. Amis Malagasy, je suis conscient de l’affection que vous me portez. Et c’est ce qui m’a permis d’avoir la foi, le courage et la volonté de faire face à toutes les épreuves jusqu’à présent. Votre soutien m’est tellement précieux. Et je tiens particulièrement à vous en remercier en ce jour. J’ai donné le meilleur de moi-même afin de concentrer mes efforts pour le développement du pays. Nous avons prouvé qu’il était tout à fait possible de bâtir et de relever les grands défis de réalisations, même en pleine période de Transition. Cela n’a pas été facile d’autant que la signature de la Feuille de Route nous ait obligé à gouverner avec toutes les Forces politiques, y compris les opposants. Ce qui a rendu difficile la gestion des Affaires de l’Etat. Toutefois, on a dû emprunter cette voie de l’inclusivité afin de procéder à l’organisation des élections qui seraient acceptées par tous. Nous avons été confrontés à plusieurs contraintes mais notre détermination a primé. Mesdames et Messieurs, Dans la situation où se trouve Madagascar actuellement, il nous faut impérativement changer de mentalité car elle constitue la base de la refondation et du développement de notre Nation. La mauvaise foi est source de régression. La jalousie engendre l’hypocrisie. L’hypocrisie entraîne la haine. La haine conduit jusqu’à la trahison. Durant ces 4 années de Transition, j’ai pu me faire une idée approfondie de la mentalité et des comportements de certains politiciens. Certains sont très critiques sans qu’ils puissent proposer la moindre solution objective ni adéquate, et d’autres ne cherchent qu’à semer le trouble, voire essayer de provoquer la désunion et l’affrontement entre Malagasy. Aucune de ces manœuvres malintentionnées n’a abouti. Et nous rendons grâce à Dieu de nous avoir protégé. Nous avons pu éviter la guerre civile et nous veillerons toujours à préserver l’Unité du Peuple Malagasy. Mesdames et Messieurs, Ma plus grande priorité a été de sauvegarder la souveraineté nationale et de garantir la liberté, auxquelles nous nous attachons. La liberté de décider, la liberté de choisir, et la liberté de convenir de l’avenir de notre pays sans aucune contrainte de quelque nature qu’elle soit. Chers Compatriotes, Notre pays a besoin de vrais patriotes, engagés, ayant la foi et la crainte en Dieu, la sagesse et le discernement, des hommes prêts à tout pour le développement de notre chère Nation. Un Président est jugé par son Peuple, à travers ses actions et ses réalisations. Seuls le patriotisme et les intérêts de son Peuple devraient l’animer. L’homme que je suis est une solution pour la Nation et non un blocage. C’est en ce sens que je réitère aujourd’hui, devant la Nation toute entière, ma déclaration en date du 12 Mai 2010, confirmant ainsi ma décision de ne pas me porter candidat aux élections présidentielles. Je préfère me sacrifier, plutôt que de sacrifier la Nation toute entière. Je préfère me sacrifier, plutôt que de sacrifier les 22 Millions de Compatriotes Malagasy pris en otage. Cette décision relève déjà d’une proposition que j’ai faîte dans le cadre des négociations de sortie de crise, depuis l’année 2009, de Maputo aux Seychelles. J’ai tenu toujours parole et je respecterai toujours mes engagements. Nous devons penser à Madagascar et nous focaliser sur les véritables intérêts du Peuple Malagasy. Aujourd’hui, je me propose comme une solution pour la Nation et demain, je le serai encore. C’est ma manière de vous prouver le patriotisme qui est en moi. Je suis pleinement conscient de l’espoir et de la confiance dont nombreux d’entre vous ont manifesté en moi. Soyez rassurés que je ne vous abandonnerai jamais, je serai toujours là. Ne soyez pas tristes, soyez optimistes et croyez en l’avenir. Mesdames et Messieurs, Nous sommes à la recherche de la paix et de la sérénité. Aussi, je pense que l’organisation des élections législatives avant celle des élections présidentielles, pourra apporter cette sérénité et cette paix tant recherchées. Organiser des élections jumelées pourrait être source de nouveaux problèmes, comme je l’ai souvent affirmé. Il est de mon devoir et il relève de ma responsabilité de veiller à l’organisation des élections dans les règles de l’art, sans affrontement ni contestation. Nous pouvons y parvenir en respectant scrupuleusement le calendrier électoral pré- établi, qui court du mois de mai au mois de juillet 2013. Mesdames et Messieurs, Le dernier sommet extraordinaire de la Troïka de la SADC avait pour but de rechercher des solutions durables et pérennes. Il a été convenu le maintien de tous les dispositifs afin de maintenir la paix à Madagascar et d’éviter toute prise de décision pouvant engendrer des situations de trouble jusqu’à la mise en place du Président de la IVème République. Ma mission principale est de mener à terme cette Transition. Il est de mon devoir de s’assurer de la tenue des élections libres et transparentes à Madagascar ; à ce que je puisse effectuer une passation de pouvoirs de manière démocratique, qui restera dans les annales de Madagascar. D’ores et déjà, je souhaite plein succès à mon futur successeur et je m’apprête à lui remettre la clé de Madagascar. Chers Compatriotes, Dans quelques mois, je redeviendrai un simple citoyen comme vous mais je continuerai d’agir toujours à vos côtés. J’aimerai exprimer ma gratitude au Peuple Malagasy. Et je tiens à remercier particulièrement tous ceux qui de près ou de loin ont travaillé avec moi, et tous ceux qui étaient mes compagnons depuis le début de la lutte jusqu’en cette veille de la Transition. J’exprime ma reconnaissance à l’endroit des Forces de l’Ordre, qui ont, sans relâche, fait montre de volonté et de courage dans l’accomplissement de leurs devoirs et dans la prise de leurs responsabilités. Je ne saurai terminer sans me tourner vers mon épouse et mes enfants qui m’ont toujours soutenu dans les moments les plus difficiles. Merci. Je remercie également tous ceux qui m’ont harcelé et qui n’ont cessé de m’attaquer personnellement. Au contraire, leurs démarches m’ont poussé à faire mieux et davantage. De tout cœur, merci infiniment. Mes Chers Concitoyens Malagasy, Les dirigeants passent mais toutes nos actions resteront à jamais inscrites dans l’Histoire. Laissons un bon héritage à nos générations futures. Je lance un appel à tous pour un changement radical de comportement et d’état d’esprit. Que cesse à jamais la culture de la haine et du dénigrement. Enfin, pour conclure, je ne saurai remercier tous ceux qui ont porté en prière notre Nation. Que la Volonté de Dieu soit faite, Madagascar m’est si chère, La Patrie est sacrée ! Mesdames et Messieurs, je vous remercie de votre aimable attention

Source : Traduction www.madagate.com. Remerciements