FFKM et PROCESSUS DE SORTIE DE CRISE

 

Contexte général

Situation bloquée : verrouillage de la situation par l’équipe au pouvoir qui veut y rester à tout prix. Les menaces d’explosion planent et tous les ingrédients sont là mais il n’y aura pas d’événement majeur allant dans le sens de bouleversement de la situation. L’armée est en mille morceaux. Les militaires ne peuvent pas s’organiser pour une quelconque prise de pouvoir par l’absence d’une figure emblématique capable de rameuter et l’ensemble des hommes de troupe et les chaînes de commandement vers une même cause. La classe politique, les syndicats et les sociétés civiles n’ont aucune capacité pour organiser un mouvement de contestation d’envergure capable de provoquer une onde de choc à l’encontre du pouvoir. Cette situation donne un avantage certain aux tenants du pouvoir qui disposent d’immense moyen financier pour rester au pouvoir.

-Menace de retrait de la communauté internationale : C’est la première chose qu’elle ne doit jamais faire. Ce sera une main libre pour l’équipe au pouvoir et ce sera une erreur colossale de donner un champ libre aux puissance asiatiques.D’ailleurs l’Ambassadeur de Chine a déjà déclaré avant de partir que son pays est contre toutes formes de sanction à l’encontre de Madagascar et de ses acteurs politiques. Le message est clair.

Des actions urgent à entreprendre :

Renforcer les pressions internationales et les rendre effectives après la rencontre du GIC. Les sanctions vont tomber et les régimes d’impunité sur ceux qui sont a l’origine du blocage sont terminés.

-Accepter dans cette situation de blocage que le processus FFKM est la seule solution. C’est le moindre mal et c’est la seule alternative qui peut résoudre cette situation : écarter cette équipe et résoudre la crise par le dialogue.

-Consentir que la situation qui prévaut ne permette pas dans l’immédiat la tenue d’une quelconque élection.

-En conséquence, la CI doit apporter son soutien à ce processus FFKM. Elle doit comprendre le lien étroit entre l’Histoire de la Grande Ile, l’Histoire socio-culturelle à Madagascar pour accepter cette démarche FFKM et sa qualité de véritable autorité morale :

a) Le christianisme fait partie des dimensions culturelles malagasy : la christianisation de la Grande Ile a été facilité par un syncrétisme religieux par un monothéisme JEHOVAH et ZANAHARY qui sont tous les deux omnipotents et omniprésents.

b) La structure pyramidale du FFKM est parfaitement en parallèle avec celle de l’administration. A la base, dans les brousses reculées, ce sont les hommes d’église qui font les travaux de l’Etat car l’Etat est pratiquement absent : pharmacie villageoise des bonnes sœurs, orphelinat, école, résolution des différends, enseignement agricole ou artisanal etc. Ce sont des Raiamandreny au sens plein du terme. Les rivalités religieuses au 19 ème siècle entre protestants et catholiques ont fait que chaque village dispose actuellement d’au moins deux clochers. C’est le concept bien connu de « un village et deux clochers » qui explique l’enracinement profond de la religion chrétienne dans la société malagasy. A ce niveau, on dépasse l’aspect religieux de l’église pour devenir un symbole d’attachement à la terre. L’église des ancêtres sont de même valeur socio-culturelle que le tombeau des ancêtres et la maison des ancêtres. Un ressortissant du village qui ne se rend à son église au moins une fois par an pour prendre part aux devoirs communautaires est rejeté par la société villageoise.

c) A Madagascar, une ascension sociale ne peut se faire que par le biais de l’église. Toutes ces personnalités malagasy qui émergent et qui détiennent des postes importants dans différents domaines sont passées par l’église soit entant que diacre, responsables de l’administration de l’église ou autre mais il faut qu’elles aient des racines églises. Depuis l’indépendance et surtout depuis l’avènement de l’œcuménisme la religion musulmane est aussi parmi ces racines.

d) Les quatre chefs d’église sont des Emissaires pour faire connaître la volonté divine.

ffkm

Surmonter les difficultés

-Existence des deux mondes différents : l’un pour la laïcité de l’Etat avec une ligne de démarcation nette entre les choses de l’Etat, de la politique et celles de l’église. L’autre un mélange artistique unique en son genre par le poids de l’Histoire.

-Existence de deux cultures et fonctionnements différents : Pour l’un la pièce maîtresse de ses fonctionnements est la diplomatie et l’autre dispose un droit inaliénable de respect et une autorité presque divine.

-A travers l’Histoire de la Grande Ile, l’église est considérée comme l’antre des nationalistes

Comment procéder

-Ramener le FFKM à comprendre qu’en acceptant de mener ce processus, il évolue dans un monde éminemment politique donc prôner les actions diplomatiques : entre autre accepter que la communauté internationale est incontournable et reste une partie prenante dans ce processus de sortie de crise. Accepter qu’il ne s’agit nullement d’un nouveau processus mais d’une continuité des précédents dialogues pour mettre en valeur et capitaliser les acquis de ces différentes rencontres et résoudre les points d’achoppement qui restent. Aucune partie prenante ne doit perdre la face. Le FFKM reste dans sa qualité d’autorité morale mais une équipe technique dont les membres seront désignés conjointement par le quatre chefs d’église et la communauté internationale.

-Ramener les membres de la communauté internationale par des travaux de lobbying à accepter que le processus FFKM reste maintenant la seule issue à cette crise ; La ramener aussi à dialoguer avec le FFKM pour qu’elle puisse avancer aussi ses visions de choses et ses propositions.

-Ramener le FFKM à avoir un calendrier précis et une méthodologie précise

-Garder en focus que toutes ces démarches doivent aboutir à l’établissement d’un calendrier d’élection, afin de rétablir un ordre constitutionnel reconnu du monde entier mais surtout des malgaches

En marge de cette vision de sortie de crise, il devrait etre logique de rassembler autours de cette idée les forces bienveillantes pour sortir le pays de cette impasse. Les hommes honnêtes et de bonnes mœurs ne peuvent continuer de cautionner que ces manœuvres qui visent à maintenir au pouvoir contre vents et marrées une petite poignée d’homme sans scrupule, usant et abusant de son prochain. Quand ces hommes comme le Premier Ministre vont-ils enfin lacher et sortir ce train fou qui s’emballe et finira hors des rails. Ces hommes doivent rejoindre un collectif et un processus qui permettra l’émergence d’un nouvel espoir de retour à une normalité constitutionnelle.

 

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